comment jouer à à prendre ou à laisser
Ainsi habituez votre chiot à rester seul, tout d’abord 5 ou 10 minutes, puis de plus en plus longtemps. Il est important de ne pas laisser votre chiot seul pendant de longues heures dès le lendemain de son arrivée par exemple. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est conseillé d’accueillir son chiot lorsque l’on est sûr de
Unpeu de citron et une bougie, et vos enfants vont pouvoir écrire des mots magiques ! du jus de citron ou un citron frais pressé. Écrire le message avec le jus de citron sur le papier et laisser sécher. Demandez à un adulte de passer la feuille au-dessus de la flamme d’une bougie.
TéléchargezOrigin pour Mac ou PC pour paramétrer votre Bibliothèque de jeux et commencer à jouer. Configuration requise pour Origin. Vérifiez la configuration minimale requise pour Origin sur la page de téléchargement du site www.origin.com. Vous devez disposer de cette configuration avant de télécharger Origin et de jouer à nos jeux.
Aiderles enfants à grandir, c’est tout simplement le rôle des professionnels qui s’en occupent. Leur permettre d’apprendre à manger seul est une de leur mission. Faut-il encore choisir le bon moment, prendre le temps et adopter la bonne attitude. Les conseils d’un pro dont la crèche a vraiment réfléchi à la question !
Créezune toile d’amour sur le corps de l’autre. Déchaînez-vous dans la chambre et libérez votre créativité sur le corps de l’autre. Posez un tapis lavable. Peignez le corps de l’autre avec de la peinture corporelle comestible, avec du sirop au chocolat ou de la crème fouettée. C’est l’un des jeux les plus romantiques et qui
nonton film the conjuring 2 subtitle indonesia. Conjoint, membre familial ou encore ami de longue date d’un bipolaire passant de phase maniaco euphorique à la dépression sévère d’un instant à l’autre ? Voici 6 conseils à suivre afin de savoir comment réagir avec une personne qui souffre de la maladie bipolaire afin de ne pas la froisser et favoriser une énième crise de bipolarité. Voici 6 conseils pour mieux vivre votre relation avec les troubles de l’ Ne pas réagir impulsivement !Il faut toujours garder en mémoire qu’un bipolaire a besoin de repos et de calme ainsi que d’un maximum d’encouragement et de réconfort ; tous les psychiatres et psychologues le rappel à chaque fois pour les personnes maniaco dépressives atteintes de troubles principal est de ne surtout jamais se laisser envahir par ses émotions. Pendant les épisodes maniaques, le malade bipolaire adhère parfaitement à son environnement en répondant présent avec une rapidité extraordinaire, mais avec des réponses complètement exagérées. Si vous vous mettez face à lui et êtes agité, il en remettra une couche par dessus. Si vous continuez comme cela en l’agressant dans la discussion, ses réactions s’aggraveront et s’amplifieront sur des tons supérieurs. Pendant les épisodes dépressifs, la personne bipolaire est également sujette à être agressive et surtout très facilement irritable, il faut donc éviter de jouer à ce jeu-là avec eux, autant lors de phase maniaco que réagirEssayez de prendre du recul avec lui et vous-même, prenez de la distance afin de minimiser les choses avec le bipolaire. Il est certain que c’est plus facile à dire qu’à faire, mais il s’agit du bon réflexe à avoir, qui est d’ailleurs souvent travaillé lors de thérapie de groupe en centre spécial. Si toutefois vous n’y arrivez pas et pétez un plomb lors d’une crise de saute d’humeur de votre interlocuteur avec une réaction impulsive, inutile de vous en prendre à vous, cela arrive à tout le monde, c’est avec le temps que vous réagirez moins impulsivement, à force vous verrez que cela ne servait à rien de s’emporter contre une personne atteinte de cette maladie mentale Ne pas l’exciter !Pendant une phase maniaque ou hypomaniaque, de manie donc, le malade bipolaire est comme dans une sphère ultra sensorielle, ainsi tous ses sens et ressentis sont disproportionnés vue, goût, audition, toucher, etc etc…Comment réagirIl faut réussir à le calmer lors de ses sauts d’hyperactivité et donc opter pour un endroit calme et zen . Un espace relaxant sans bruit afin de stabiliser son humeur exaltante est un bon investissement ! Il faut également éviter à tout prix les soirées interminables ou encore les sorties sportives en nombre important . Attention de bien faire tout cela avec douceur et discrétion afin de ne pas éveiller des soupçons et qu’il se sente guider ou éduquer comme un enfant qu’on commande . Tout est histoire de parole et de également, au fil du temps, à établir une liste des agents qui favorisent l’excitation, l’angoisse, stress ou même la fatigue. Pour certaines personnes ce sera la tv, l’ordinateur et les jeux vidéos à diminuer et pour d’autres ce sera les soirées interminables entre amis en discothèque à réduire ou même encore, chez certains, se sera la visite d’amis ou familles à rédimer ….Attention tout de même de ne pas réagir brutalement en coupant toutes les habitudes du patient au quotidien, il est question de réduire simplement les éléments favorisant l’excitation afin de limiter l’ampleur des crises lors de phase Ne pas lui faire de remontrance afin de trop le diffamerSachez que la dépression bipolaire n’est pas directement raccordée au manque de volonté de la personne malade, c’est une vraie pathologie avec des problèmes au niveau des neurones. Faire des remontrances au patient, le cocooner ou encore le diffamer plus bas que terre n’est absolument pas la bonne solution, ni même un bon traitement ! Le style de morale "tu pourrais faire mieux et prendre un peu sur toi" n’est vraiment pas une bonne option, car la personne atteinte de trouble de la personnalité ne commande pas ses troubles de l’humeur. Si la personne est en pleine dépression, il est également inutile de la booster en la secouant, cela risquerait même en plus de faire l’effet inverse et d’être réagirNe jugez jamais une personne atteinte de la maladie bipolaire, optez plutôt pour des gestes de tolérance avec une grande largeur d’esprit et beaucoup d’empathie . Beaucoup d’écoute lui font du bien, si les bipolaires pouvaient avoir un psy h24 avec eux ce serait l’idéal, connaître ses émotions et ses états d’âmes afin de l’aider à aller mieux lui fera du bien, même si parfois c’est assez difficile de comprendre une personne en phase maniaco dépressive . Il faut toujours essayer, toujours …Annonce4. Ne pas le critiquer et entrer en conflit avec lui !Devant un malade en plein stade euphorique, une discussion est très difficilement applicable. Évitez à tout prix d’aller à l’encontre de ses propos, de le critiquer sur quoi que ce soit, préférez plutôt des mots gentils, des attentions douces, car le malade maniaque s’énerve très facilement et pour un rien !Comment réagirNe pas lui parler comme à une personne inférieure à vous, ne pas lui donner des ordres ouvertement, mais plutôt détourner cela en conseils . Restez affirmatif et positif quelque soit la situation et toujours avec beaucoup d’amabilités et de compassion . Lorsque le patient est dans une crise de manie ou même d’hypomanie, faîtes preuve de souplesse, de finesse et de sang froid . Le but principal est de réussir à calmer la personne en crise et de rendre la situation » de folie » calme et détendue, afin d’éviter tout conflit avec lui . Rester avec lui en lui parlant tranquillement avec bienveillance et en le stimulant à continuer à être posé, calme, reposé .5. Ne pas faire de sa maladie sa vie !Ne prenez pas toutes les situations d’anxiété, d’angoisse ou de stress comme un symptôme de la maladie du bipolaire. Chaque personne à des émotions fortes et basses pour diverses raisons et à divers moments de sa vie, inutile de croire que la personne bipolaire n’en a pas et que chaque émotion décalée » est annonciatrice d’un futur épisode de dépression ou de manie qui arrive. Le rire, la joie, la colère, la tristesse, l’euphorie ou encore la mélancolie sont des émotions fortes que tout individu sur terre réagirContrairement à lui, ne démarrez pas au quart de tour dès qu’il émet une forte émotion, et ainsi vous tendre et changer d’humeur vous aussi par la même occasion ! Un bipolaire a, entre chaque phase maniaque et dépressive, un moment libre, où il est stable, tout comme vous …6. Ne pas vouloir tout solutionner seulLe cadre familial et amical exerce une utilité très importante dans le quotidien social d’une personne bipolaire. Il doit cependant seulement soutenir et guider le malade ; pour le reste ce sont les médecins spécialistes et hôpitaux qui s’en chargent. En aucun cas vous devez remplacer ces personnes compétentes pour ces troubles réagirVous savez que cette personne maniaco dépressif souffre de bipolarité, il est donc primordial de vous mettre en relation avec les professionnels compétents de ces maladies psychiatriques . S’occuper de votre bi polaire, oui, mais ne pas oublier de prendre également du temps pour vous et de la distance avec cette maladie. Ne bouleversez pas votre vie pour un personne souffrant de troubles du comportement car sinon vous serez réellement touché par cette maladie et vous pourriez vous aussi sombrer dans une dépression . Vous pouvez néanmoins l’accompagner lors de séance en groupe de parole, ou vous renseigner auprès de l’association Argos, l’aider à avoir une bonne hygiène de vie afin de ne pas rester dans un état de psychose, éviter qu’il ait des idées noires et que la tentative de suicide lui traverse l’esprit, ou encore l’emmener chez le psychiatre afin de prétendre pourquoi pas à un traitement sous lithium ou antidépresseur . Vous êtes un soutien de poids et une personne de confiance pour lui, ne l’oubliez pas . Les professionnels de santé mentale stabilisent la maladie, vous, vous l’aidez à la surmonter … Être bipolaire peux être dangereux pour le malade, qui est bien souvent borderline voire même quelque fois suicidaire, si tous les bons facteurs environnementaux ne sont pas réunis afin d’assurer un soutien quotidien adéquat aux le guide "30 questions/réponses pour mieux comprendre le trouble bipolaire"Et pleins d'autres choses privées directement par mail !
8/10 - 6156 votes Joué 1 633 087 fois Jeux de réflexion Vous sentez-vous en veine aujourd'hui ? Tentez de décrocher le million d'euros dans cette version en ligne du célèbre jeu télévisé "A prendre ou à laisser" Deal or No Deal dans la version américaine. Le jeu propose 26 boites contenant chacune une somme d'argent comprise entre 0,01€ et 1 000 000 €. Vous devrez en éliminer au fur et à mesure en priant pour conserver celles contenant les plus gros montants. Le banquier vous appellera régulièrement afin de vous faire une offre; vous aurez alors le choix entre partir avec la somme proposée ou prendre le risque de continuer et de peut-être tout perdre. Commentaires
1À Paris, qu’elle se fasse solitairement ou dans le cadre de groupes affinitaires, la récupération alimentaire a lieu dans l’espace public de la rue, à des heures fréquentées. Lieu de passages et d’interactions rapides, la rue place la récupération alimentaire dans de véritables situations d’échange, qui questionnent le statut de son objet-limite le déchet. Objet de rejet pour les uns, ressource pour les autres Bertolini, 1978, le déchet génère en effet des échanges et des activités variées Corteel et Le Lay, 2011 ; Benelli et al., 2017, qui participent de l’activité économique, du métabolisme urbain » Barles, 2005, de la constitution socio-démographique des territoires et écosystèmes » urbains Bazin et Rullac, 2011, dans un continuum socio-technique » entre activités formelles et informelles internationalement documenté par le champ très actif des discard studies Cirelli et Florin, 2015, p. 17. 2Le déchet génère ainsi toutes sortes de négociations, où s’évaluent la propriété qu’il fut, le bien qu’il sera, l’espace qu’il occupe, les regroupements sociaux que sa gestion engage. En droit appropriable par seule mainmise, le déchet possède une valeur marchande ambiguë puisqu’on paie pour en être débarrassé par des entreprises qui en tirent profit qui fait de la récupération un terrain fertile en ces situations de conflit d’interprétation » qui, selon Florence Weber, se produisent lorsque deux ou plusieurs partenaires d’un échange ne sont pas d’accord au sujet de la définition même de ce qui circule et dans quel sens » Weber, 2009, p. 372, révélant la diversité des cadres matériels et cognitifs » auxquels se réfèrent les acteurs pour légitimer leurs échanges, ou leur refus de l’échange. 1 Notre accord des genres suit ici le modèle proposé par Isabelle Stengers dans La vierge et le Neutr ... 3Cet article se propose de réfléchir aux enjeux économiques et symboliques de la récupération alimentaire en milieu urbain dense le Nord-Est parisien et sur une période longue six années consécutives, à partir d’un témoignage réflexif prenant pour objet des conflits d’interprétation autour de cette pratique. Ce travail s’inscrit dans une démarche de recherche-action LISRA, 2017, l’auteure étant une récupératrice, une chercheuse et une activiste engagée dans la critique de l’économie du gaspillage. Il repose sur une méthode d’autoethnographie Ellis et al, 2010 plutôt que de chercher à adopter un point de vue objectif sur une pratique qui ne l’est pas, puisque je recours à la récupération pour mon alimentation quotidienne, je propose de mettre à profit la posture située qui est la mienne pour questionner ma pratique sociologiquement. L’analyse de certaines situations d’échanges montre en effet à quel point les biais de classe, d’âge et surtout de genre sont en jeu dans les interprétations variées des gestes de récupération par les commerçantes1, travailleuses du déchet et passants. Le fait d’être ce corps qui se penche, se saisit et se nourrit de déchets alimentaires sans demander le droit à personne fut à l’origine de nombre de ces épiphanies » qui constituent l’objet de l’autoethnographie Ellis et al, 2010, révélant dans l’ambiguïté voire le conflit les constructions symboliques des objets, des déchets et des corps humains sur lesquelles reposent l’économie du gaspillage et la répartition genrée des tâches dans une économie marchande. Le freeganisme à Paris – éléments de contextualisation 4Pratiquant la récupération alimentaire à Paris depuis 2012, je ne pourrais qualifier mon activité de freeganisme » qu’au prix d’une certaine restriction du sens de ce terme. Elle est certes née d’un choix militant et non d’une nécessité économique, dans la volonté de construire des pratiques de boycott du marché dominant, dans un espace urbain où les alternatives, notamment alimentaires, sont peu développées, et où l’idéal d’autonomie matérielle se confronte à d’importantes limites macrotechniques. Boycott ultime » Oakes, 2000 ma traduction, le freeganisme est présenté par ses acteurs historiques comme conclusion d’un parcours militant. Après des années passées à essayer de boycotter les produits d’entreprises non éthiques, responsables de violations des droits humains, de destruction écologique et de souffrance animale, beaucoup d’entre nous sont parvenues à la conclusion que, quoi que l’on achète, on finit par encourager un modèle déplorable. Nous avons réalisé que le problème ne vient pas de quelques vilaines entreprises mais du système tout entier » site ma traduction. 5Le freeganisme oppose ainsi au consumérisme politique » Dubuisson-Quelliet, 2009, p. 50 une stratégie de politique préfigurative » Barnard, 2016, p. 27 ma traduction non pas acheter sur le marché des produits plus ou moins responsables », mais minimiser le recours au marché, qu’il soit du travail ou de la consommation, en construisant d’autres pratiques. Dès le premier usage public du terme freegan » Oakes, 2000, celui-ci signifie ainsi personne vivant gratuitement » par le squat, la minimisation des dépenses, l’autoproduction, le vol, l’auto-stop ou encore la récupération alimentaire. Il est représenté, à partir de 2003, par un groupe d’activistes new-yorkais qui tiennent le site organisent des repas collectifs, des ateliers d’autoréparation et de partage de savoir-faire, du glanage de plantes comestibles en ville, des zones de gratuités ou des séances guidées de récupération alimentaire dans Manhattan trash tours… C’est la découverte de ces principes et méthodes, et avec elles de l’ampleur du gaspillage alimentaire, qui me mit sur le chemin de la récupération alimentaire. Issue d’un milieu bourgeois, salariée sur une grande partie de la période, habitant seule sans personne à charge dans une métropole où l’offre économique est dense, j’avais les moyens d’accéder à un mode de vie consumériste, c’est à dire d’acheter à neuf, sur le marché formel, ce que j’aurais voulu consommer, modèle qui correspondait de fait à mon éducation et mes habitudes matérielles. Les abandonner releva ainsi d’une décision, et d’une lente rééducation par la pratique, qui fut en grande partie solitaire. 2 Le Freegan Pony, lieu ouvert dans le XIXe à Paris en 2015, est un restaurant associatif qui collect ... 6En effet, le freeganisme s’est développé autour d’activités collectives, formatrices d’un groupe, qui ont une vocation démonstrative » Dubuisson-Quellier, 2009, p. 106 elles mettent à l’épreuve par le fait la viabilité sociale des solutions proposées, et ne se limitent pas à l’alimentaire. Cependant, la pratique des trash tours généra une forte médiatisation du groupe, qui devint bientôt un mouvement international fortement centré sur la récupération alimentaire. En France, les deux semblent synonymes en 2006 est créé le site Freegan Station, qui réunit informations pratiques, textes et forum de discussion. S’il déclare vouloir élargir le mouvement américain, son fondateur met en avant le régime déchétarien », résumant en un mot » le freeganisme à récupérer avant que ce soit brûlé » Dindar, 2007. Si des initiatives de lutte contre le gaspillage alimentaire apparaissent dans les années 2010, avec des associations nationales Disco Soupe – illustration 1 –, Gars’Pilleurs et locales La Maison des Associations, des événements le Banquet des 5000 et même un restaurant à Paris Freegan Pony2, la préparation, distribution ou dégustation d’invendus y servent avant tout de dispositif de sensibilisation. Parfois issus de dons et non de récupération, ces invendus rendent visible et mettent en débat le gaspillage alimentaire sans forcément promouvoir la récupération alimentaire comme mode de vie. Quant aux personnes qui ont, elles, choisi ce mode de vie, si elles échangent informations et photographies sur des sites, forums ou réseaux sociaux illustration 1, elles n’organisent pas d’évènements publics et semblent s’en tenir à des actions individuelles et affinitaires. En France, activisme politique et mode de vie freegan ne vont donc pas toujours de pair. 7Une indépendance que l’agenda politique des années 2010, dans lequel entre le gaspillage alimentaire, tend paradoxalement à renforcer. En 2013 est voté le Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire », et 2014 est déclarée Année européenne de lutte contre le gaspillage alimentaire ». En 2016, la loi Garot oblige les grandes surfaces françaises de plus de 400 m2 à mettre en place des conventions de dons avec des associations. Sur la période, la couverture médiatique illustration 1 et les dispositifs de sensibilisation croissent, de même que les initiatives économiques redirigeant les restes vers de nouveaux circuits de marchandisation et/ou de défiscalisation, sans remettre en cause le modèle productiviste qui génère ces invendus Mourad, 2018. Cette constitution du gaspillage alimentaire en problème national repose ainsi, selon Armèle Cloteau et Marie Mourad, sur une prise en charge technicienne et apparemment consensuelle du problème, qui tend à traiter ce problème comme une cause sans adversaire » Cloteau et Mourad, 2016. Celui-ci est aussi bien combattu par le plaidoyer institutionnel la pétition d’Arash Derambarsh appelant la France à promouvoir la lutte contre le gaspillage alimentaire au niveau européen passe le million de signatures début 2018 que géré par des initiatives entrepreneuriales les applications ZéroGâchis, illustration 1, ou ToGoodToGo, qui réintroduisent des formes d’activisme consumériste peu cohérentes avec l’anticapitalisme et l’anarchisme promu par les premiers freegans. Illustration 1 – Diversité de la lutte contre le gaspillage alimentaire en France En haut, gauche affiche de l’association Disco Soupe ©Disco Soupe, 2014.En haut droite campagne gouvernementale 2016.En bas gauche publication sur le groupe Facebook Freegan glanage et échange 2018En bas droite illustration du site de ZéroGâchis 2018. 8Tel est le contexte dans lequel je développais ma pratique du freeganisme constatant qu’il n’existait pas d’événement comme les trash tours illustration 2, je suivis les conseils d’internautes de Freegan Station et Freegan, glanage et échange, et consultais les fiches horaires des services de propreté de la Ville de Paris pour connaître les horaires de sortie des poubelles de mon quartier. Habitant alors dans le XIXe, je fouillais les poubelles d’un Franprix sur la plage horaire indiquée et récupérais en effet des invendus alimentaires en quantités suffisantes pour me nourrir, et même en redistribuer. Dès lors, la récupération alimentaire dans les moyennes surfaces, boulangeries, primeurs, marchés parisiens devint mon mode d’alimentation principale. Je pris rapidement part aux échanges médiatiques autour de cette activité, en m’adonnant à la publication de photographies de récupérations sur Freegan, glanage et échange ; en créant ma propre page, Culture POUB illustration 2 ; en participant à des Disco Soupe illustration 2, des récupérations ou distributions des Gars’Pilleurs, des marchés gratuits de La Maison des Solidarités. Dès 2012, je fis l’objet de sollicitations de la part de journalistes, documentaristes, lycéennes, étudiants en journalisme ou en anthropologie filmique, pour témoigner dans des films documentaires Raimbault, 2012 ; Doumic et Zelez, 2015 ; Ramirez, 2015, mémoires, TPE ou encore dans des événements consacrés au gaspillage, tels que des projections-débat, y compris pour un film dans lequel je n’apparais pas Seifert, 2010. J’allais moi-même, en 2016, à la rencontre de freegans new-yorkais, en participant à deux trash tours ; j’en documentais un et interviewais l’une des fondatrices du groupe. Illustration 2 – Récupération seule ou à plusieurs, informelle ou institutionnelle A gauche exemple de photographie de denrées récupérée publiée sur Culture POUB. Auteur J. Guien, Paris XIXe, centre participation à un trash tour avec les freegans new-yorkaises. Auteur J. Guien, Manhattan, droite réception d’invendus de Monoprix pour une Disco Soupe lors d’un événement du collectif Place à la Solidarité. Auteur J. Guien, Paris Ve, 2018. 9Ainsi, ma pratique du freeganisme est représentative du contexte français et de ses limites c’est une pratique individuelle choisie de récupération alimentaire, dont la politisation peine à dépasser le niveau des échanges médiatiques ou des évènements de sensibilisation et de solidarité ponctuels. Prendre, laisser, partager ? Échanges entre récupérateurs 3 Slogan que l’on pourrait traduire par la nécessité avant l’avidité ». 10Les récupérateurs constituent une première catégorie d’acteurs avec laquelle la récupération occasionne l’échange. Ces interactions me posèrent d’emblée un problème, lié au risque de concurrence que je représentais si, fouillant une poubelle, je constatais que d’autres personnes y venaient fouiller ou attendaient mon départ pour la fouiller, je risquais d’accaparer leurs ressources et de renforcer leurs difficultés. Le fait de disposer de solutions économiques alternatives désignait mon geste comme accaparement illégitime. Carolsfeld et Erikson 2013 notent ainsi qu’à Vancouver, la récupération alimentaire pouvant être un dernier recours » mais aussi résulter d’un choix conscient », il est nécessaire de respecter une règle informelle, une étiquette de la poubelle » qui associe la récupération au besoin ma traduction Need, not greed3. Ainsi dus-je me créer une étiquette de la poubelle » ne partir en récupération que cinq minutes avant le passage du camion-benne, afin de passer la dernière. Les longues plages horaires indiquées sur le site de la mairie de Paris donnent en effet l’horaire de sortie des poubelles par exemple de 5h30 à 10h, et non du passage effectif du camion-benne, qui dépend du trajet choisi par les agents de collecte. En connaître l’heure implique donc de l’observation, et une certaine capacité à ajuster ses pratiques à la situation l’heure de passage étant soumise aux aléas de la circulation ou du climat, il faut observer à plusieurs reprises son horaire habituel, et toujours s’adapter ; ce qui occasionne des échecs le camion est déjà passé, des accélérations courir pour parvenir à la poubelle avant les éboueurs ou décélérations attendre que le camion se montre, des abandons voyant que quelqu’un fouille déjà la poubelle, et que le camion approche. 11Le choix de cette règle fut renforcé par le constat que je fis rapidement de la difficulté concrète de définir une étiquette » commune. En effet, outre la fréquente barrière de la langue et l’irrégularité de la présence des unes et des autres, la communication s’établit difficilement entre récupérateurs. La récupération alimentaire, dans le cadre parisien où les poubelles sont situées sur le trottoir à des heures diurnes, est une de ces situations de proximité contrainte où les interactions sont minimisées, occasionnant des gestes rapides et de faibles prises de contact. On pourrait l’expliquer par la tension créée par l’activité elle-même, ses exigences physiques et psychiques surveiller l’imminence de la venue du camion, l’éventuelle hostilité du commerçant, les gestes des autres... Mais aussi, par les effets symboliques de la récupération le stigmate » lié à la proximité publique avec les déchets, la jonction entre la matière et le travailleur » qui s’y opère Corteel et Le Lay, 2011, p. 25 limite l’identification à cette activité, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un recours au déchet comme ressource directe, et non d’un travail salarié. En six ans, je n’entendis qu’un seul récupérateur se revendiquer freegan ». 12Une autre explication mettrait en cause le risque de relations agonistiques engagé par le partage d’une ressource gratuite dans un contexte non marchand Mauss, 1969 et 2007 ; Lefort, 1951 ; Bourdieu, 1976. En effet, je constatais que les personnes à qui j’avais proposé de partager ce que j’avais déjà extrait adoptaient une posture de retrait, cherchant plutôt des prétextes pour n’y rien prélever C’est bon, c’est bon. Je regarde juste. » ; Non, non, allez-y, vous êtes jeune, vous. ». Cette dernière remarque m’étonna, venant d’une personne beaucoup plus âgée et par là même susceptible, à mon sens, d’éprouver davantage de difficultés que moi à subvenir à ses besoins par une activité aussi physique que la récupération de rue. Il semblait pourtant, de son côté, que c’était mon âge alors environ 26 ans qui devait être interprété comme critère de discrimination positive étant plus jeune, j’avais plus besoin ». Ces concessions m’apparurent comme autant de refus de la position de donataire que j’eus d’abord la naïveté de proposer en offrant de partager ce que je ne souhaitais pas accaparer, je contestais la relation d’égalité établie de fait par le recours à de semblables ressources. Considérant, du fait de mon âge et de ma classe, que j’aurais dû redistribuer ce que je trouvais, je fis l’erreur de proposer la place inconfortable de donataire à des personnes qui ne la demandaient nullement, mais trouvaient justement dans la récupération un accès indépendant à des ressources sans propriétaire, un moyen de s’en sortir par soi-même voir infra. Devant les quiproquos et les échecs occasionnés par ces propositions, je fus convaincue de la nécessité de pratiquer cette opération le plus tard possible. 4 Les biffins ou récupérateurs-revendeurs sont les personnes qui récupèrent pour les revendre les obj ... 5 L’association Amelior, fondée en août 2012, a pour but de favoriser la reconnaissance du métier de ... 13Je parvins cependant à créer deux relations de partage au cours de mes tournées de récupération. La première, dans le quartier de Crimée, avec un homme d’environ cinquante ans qui, s’il refusa de partager, m’en donna la raison il ne cherchait que des fromages à pâte dure, du fait de restrictions alimentaires et goûts personnels précis. Dès lors, ce fut comme un jeu de lui mettre de côté les fromages à pâte dure, qu’il acceptait. Ces premiers éléments d’interconnaissance furent suivies de conversations plus variées j’appris qu’il avait été biffin4 et louait un local dans lequel il stockait encore des objets de récupération alors même qu’il n’avait pas de logement, qu’il ne savait comment vendre. Alors membre d’une association organisatrice de marchés biffins Amelior5, je lui proposais de s’y inscrire ; ce qu’il fit rapidement, vendant sur le marché et devenant un temps membre actif de l’association. 14Une autre personne avec qui je parvins à nouer des relations sur le tas fut une dame plus âgée qui fouillait les poubelles d’immeubles voisines de celles de la moyenne surface que je fouillais à Belleville. Elle cherchait des objets, aussi la concurrence potentielle n’empêchait-elle pas nos relations. La voyant un jour embarrassée par une trouvaille volumineuse, je l’aidais à l’emporter chez elle. Dès lors, nous entretînmes une communication principalement non verbale, faite de gestes, toujours les mêmes, aux mêmes heures et mêmes endroits se saluer, se montrer nos trouvailles, s’aider éventuellement à dégager des objets ou à les porter, se souhaiter une bonne journée. Je ne sus pas son prénom ; je crus comprendre qu’elle récupérait ces objets pour sa famille, en vue d’un usage direct. La relation, fragile et précautionneuse, se fit autour de l’activité, vecteur d’interactions lorsque les réticences liées au stigmate de la ressource déchets » sont suspendues. Le paradoxe est que contester ce stigmate en essayant d’établir des relations d’échange fait surgir un autre stigmate, celui du don agonistique et de la dépendance possible à l’aide, sources d’autres réticences à interagir. L’égalité face à la ressource est menacée par la concurrence ou le don, double problème que je choisis d’éviter en passant la dernière. Prendre, recevoir, demander ? Échanges avec commerçants et employées 15Un autre groupe d’acteurs avec lequel la pratique de la récupération met en interaction est le groupe des commerçants ou employées des établissements dont je fais les poubelles. Cette interaction est plus fréquente qu’avec les autres récupérateurs, que j’évite, et plus fréquente qu’avec les passantes, que l’objet de ma pratique n’implique pas directement. En effet, contrairement aux poubelles d’immeubles, où sont mélangés les déchets de divers ménages et qui sont sorties par des gardiens, les commerçants sont responsables du contenu et de la gestion de leur poubelle, qu’ils remplissent et mettent sur le trottoir ; les commerces étant en rez-de-chaussée, vitrés ou ouverts, ils peuvent la voir ; la récupération parisienne ayant lieu dans des espaces publics et non privés comme les zones de déchèterie encloses des hypermarchés, interdits à Paris à des heures fréquentées, elle rend possible l’interaction avec les commerçants. 16Possible, mais non problématique, croyais-je les déchets étant res nullius, il n’est pas interdit de les collecter sans rien demander à personne. Je découvris cependant combien il est rare qu’un commerçant demeure neutre ou passif à l’égard d’une pratique qui porte sur ses déchets. Loin d’être traitée comme quelqu’une qui lui fournit un service tel que la collecte municipale des ordures, fiscalement financée par les ménages et les commerces, la récupératrice est traitée comme quelqu’une qui reçoit un service, ou demande à en recevoir un. Ainsi, les commerçants m’acceptaient ou me refusaient, selon une palette de réactions large négociation, collaboration, évacuation, et diverses stratégies d’empêchement que je qualifierai de privatisation des déchets ». 17Souvent, la présence régulière sur un lieu de récupération semble n’attirer que peu d’interactions avec les employés ; tout au plus me demande-t-on de ne pas gêner les manœuvres de mise au rebut et de ranger derrière moi. La mise au rebut des invendus est un travail dont se chargent souvent les employés les plus dominés de l’équipe qui croise celui du récupérateur ; aussi ce dernier est-il fréquemment sommé de veiller à la propreté et l’ordre des poubelles, sous peine de causer une surcharge de travail aux employés ou aux éboueurs, qui d’après les commerçants ne manqueraient pas de le leur signaler, voire de leur adresser une amende ». Le récupérateur est perçu comme source de désordre dans ce monde du déchet, qui n’est pas un chaos mais implique des savoir-faire et des conventions entre travailleurs du déchet ; la récupératrice doit donc être prévenue des règles qui gouvernent cet ordre. Le risque d’amende est souvent utilisé comme prétexte pour éloigner un récupérateur ; la nécessité de garder les poubelles propres est très souvent avancée comme condition pour tolérer sa présence. Ainsi, le laisser-faire n’est pas indifférence, mais implique toujours des négociations on accepte mon geste, si je laisse les lieux dans l’état où je les trouve. Les commerçants se comportent souvent comme s’ils m’octroyaient un droit sur ce dont ils ont précisément dénié toute propriété et dont ils attendent la destruction ; signe qu’ils considèrent encore que le déchet est l’objet de leur juridiction. 18D’autres commerçants se comportent avec bienveillance. Ils manipulent précautionneusement la poubelle où je fouille ; sont polis Pardon », attention » voire amicaux, admettent l’interconnaissance Bonjour, ça va aujourd’hui ? » ; facilitent la fouille en mettant les invendus dans un sac à part, en me disant ce qu’il y a et où ; me l’évitent en m’invitant à me servir parmi des invendus avant qu’ils soient mis à la poubelle, dans un panier, en me passant les rebus de main à main ; m’encouragent Allez-y, on jette plein là-dedans, plein » ; parfois, me proposent des denrées dont je ne saurais dire si elles devaient à l’origine être jetées. 19Le vaste registre verbal et physique de l’acceptation révèle cependant l’ambiguïté de la relation qu’instaurent ces gestes la récupératrice prend-elle, la laisse-t-on prendre, ou lui donne-t-on ? Certains gestes sont polysémiques mettre des légumes dans les poubelles que je suis en train de fouiller surtout si ce ne sont pas des containers, mais des cagettes bien empilées sur le trottoir est-ce jeter ou donner ? Ne rien faire, quand certains me menacent, n’est-ce pas déjà faire quelque chose pour moi ? Une ambiguïté qui peut être levée, comme lorsqu’un commerçant met de côté » pour un récupérateur, ou le laisse prendre s’il l’aide à ranger cas fréquent sur les marchés. En ce cas, il y a une forme de contrat, où les termes de l’échange sont explicités. Mais l’ambiguïté peut aussi être entretenue, permettant de faire varier les termes implicites du contrat en demandant un jour de partir, parce qu’ aujourd’hui, y a rien » ou parce que le collectif de travail est indécis à ce sujet. J’entretiens ainsi des rapports instables avec deux primeurs de mon quartier parfois on me laisse faire, parfois on me passe directement la cagette, parfois on me demande de partir. Car on » n’est jamais le même les employés ne sont pas d’accord sur la conduite à tenir. L’un d’eux me dit un jour Vas-y, prends, lui c’est un chien », désignant son collègue. Un jour où il me demandait au contraire de partir, je lui demandais pourquoi ma présence lui causait-elle des problèmes avec son patron ? ». Il confirma et je quittais les lieux. 20S’ouvre ici le vaste registre du refus, allant de l’empêchement des pratiques à l’affrontement physique admonestations bruyantes Ahy ! Ahy ! Allez ! Ho ! » se mit à crier un jour un commerçant, en un cri semblable à celui utilisé par les éleveurs pour faire aller le bétail, interpositions entre la poubelle et moi, atteintes physiques m’écarter avec le bras, me saisir pour m’empêcher d’avancer, me pousser…, sommations diverses, parfois vigoureuses Allez, vous dégagez », parfois gênées Faut pas faire ça… S’il vous plaît, mademoiselle, faut pas faire ça. ». 21Ces réactions sont parfois appuyées sur des références à la Justice l’amende des éboueurs, les plaintes que je porterais si je m’intoxiquais avec leurs déchets, le fait que ce soit interdit » de faire ce que [je] fai[s] », de toucher à [leurs] effets personnels », à mon magasin, ma poubelle ». Ces arguments et surtout, ces pronoms possessifs montrent l’ambiguïté du statut juridique de la récupération alimentaire, pratique autorisée mais stigmatisée, souvent identifiée au vol ou à d’imprécises pratiques commerciales frauduleuses voir encadré 1. Le déchet est, juridiquement, abandonné et appropriable par quiconque porte mainmise sur lui ; il ne peut, en théorie, devenir mon déchet », une propriété, sans redevenir un bien. Ces observations montrent au contraire que le déchet, qu’il soit issu de biens ou de marchandises, est loin d’être un objet dont tout désir de propriété a été aboli. A la manière du hau ou du mana qui, selon Marcel Mauss, désigne la force des choses » qui contraint les échangistes à les maintenir en circulation Mauss, 2007, p. 159, sous peine de malheur, les déchets restent investis de la présence de leur ancien propriétaire, qui vit leur accaparement comme vol, atteinte à son droit voire à sa propre personne. Encadré 1 - La criminalisation de la récupération en France Malgré l’entrée de la récupération alimentaire à l’agenda politique, on observe dans les années 2010 une tendance politique à criminaliser la récupération, aux retombées juridiques variées et ambiguës. Le maire de Nogent-sur-Marne promulgue en 2011 un arrêté interdisant de faire les poubelles, ciblant clairement les récupérateurs professionnels les auteurs, partiellement identifiés, sont organisés en réseaux, parfois concurrents, de collectes et de reventes de matériaux et de fripes », distinguant les réseaux » du glanage, notamment en fin de marché ou aux abords des supermarchés et magasins d’alimentation ». Des arrêtés semblables ont été pris à Puteaux, contre la recrudescence de ressortissants roumains qui venaient récupérer des déchets dans les rues de la ville pour ensuite en faire commerce » Livois, 2017 ; à La Madeleine, où il est traduit en roumain et bulgare à destination de personnes qui, certes, sont en souffrance, mais qui parcourent les rues de la ville et ouvrent systématiquement les sacs poubelles » France-Soir, 2011 ; à Saint-Étienne, interdisant sans limitation de durée » la récupération et le chiffonnage » ibid.. Se défendant de faire la chasse aux pauvres », le maire de Nogent rencontra une vive opposition, et son arrêté fut cassé par le Tribunal administratif TA, de même que celui de Saint-Étienne en 2016. Celui de Puteaux reste en vigueur et a autorisé depuis 2009 environ 150 amendes ; idem pour La Madeleine dont l’arrêté anti-récupération a été validé par le Conseil d’État après saisie par la ligue des Droits de l’Homme. On observe aussi, sur la période, des plaintes d’enseignes de supermarché pour vol » à l’encontre de leurs employées pratiquant la récupération. Si leurs procès ont donné lieu à des relaxes, comme à Rouen en 2017, le règlement interne des magasins Monoprix, Intermarché, Lidl, PSA, Métro… a permis le licenciement de nombreux employés, dont certains ont ensuite eu recours aux prudhommes. Ainsi, selon les cas, le référentiel juridique national ou municipal ; privé ou public, et les démarches plaintes, amendes, recours aux prudhommes ou au TA varient. La récupération n’est pas interdite, mais les enseignes et les municipalités ont le droit de promulguer des règlements et des arrêtés qui l’interdisent sur leur espace, dont certains sont ensuite annulés par les prudhommes ou le TA. La récupération est ici aussi placée sous le régime ambigu de la tolérance, laissant le grand public désinformé ainsi me demande-t-on souvent Mais... C’est légal ? » et les récupérateurs exposés à l’arbitraire des interprétations policières et juridiques. 22Deux hypothèses peuvent rendre compte de façon utilitariste de cette ambiguïté. Les poubelles se trouvant devant les commerces, mon activité est visible et rend visible leur gaspillage ; elle rend de plus visible la disponibilité gratuite de leurs denrées. Ces explications maintiennent les commerçants dans leur rôle de commerçant, soucieux de leur réputation et de l’éventuel manque à gagner que je pourrais être. Elles ne rendent cependant pas vraiment compte du caractère particulièrement marqué affectivement de leurs réactions la récupération génère des conflits au sein du collectif de travail mais aussi au sein même des individus. La violence souvent observée comme cet épicier qui, devant mon refus de partir, finit par agripper sa poubelle pleine et la rentrer en hurlant dans son magasin suggère un vécu subjectif ambivalent du gaspillage alimentaire. Sanctionné par une norme sociale très prégnante Faut pas gâcher », alors que le don est, de son côté, valorisé, le gaspillage fait de plus l’objet d’une condamnation officielle croissante. C’est vrai, ça fait de la peine », me confia un jour une employée prise elle aussi dans la contrainte systémique du gaspillage alimentaire, qui intègre le calcul des pertes » dans celui de la rentabilité, comment pouvait-elle réagir sans ambivalence face au geste qui dévoile ces calculs ? La poubelle est un outil d’évacuation, mais aussi de dissimulation elle dissimule des rebuts, et le fait même de mettre au rebut. En ce sens, il peut être dangereux de l’ouvrir », au double sens du terme de questionner et contester, en fouillant et en faisant émerger ce que l’on enfouit au fond des poubelles. 23Aussi le fond des poubelles est-il un lieu très prisé par les commerçants désireux de refuser ma présence sans aller à l’affrontement. S’ouvre ici le vaste domaine des stratégies d’empêchement indirect de la récupération ou privatisation des déchets », allant du contrat passé avec une entreprise de collecte privée à la rétention des poubelles dans des espaces de stockage, en passant par la destruction des invendus. 24J’observais en effet des absences mystérieuses certaines enseignes ne mettaient pas ou plus leurs poubelles sur le trottoir à l’heure de passage du camion municipal, faisant appel à des services privés de collecte, leur permettant de passer la poubelle directement aux employés de ces services. Un jour où je tentais de m’interposer, l’un d’eux fut très clair on n’a pas le droit ». Une autre stratégie, pour les commerces n’ayant peut-être pas les moyens de payer ce service je n’en observais que pour des grandes chaînes de supermarché, est de retenir ou cacher sa poubelle, comme ce boulanger du XIXe qui, jetant un à trois sacs de farine remplis de pain et viennoiseries par jour, se mit à ne plus sortir sa poubelle qu’à l’arrivée du camion, la passant directement à l’éboueur ; ou cette enseigne alimentaire de Belleville dont les invendus n’étaient plus jetés mais stockés dans un caddie laissé jusqu'au passage du camion dans un espace de déchargement privé. 6 Dans le registre non alimentaire, il n’est pas rare de trouver dans les poubelles des vêtements pré ... 25Enfin, la façon de jeter peut empêcher la récupération les denrées alimentaires sont des biens fragiles qui supportent mal le contact avec les parois du container ou la pression exercée par d’autres déchets. Jeter au fond de la poubelle, déchirer les emballages, écraser et mélanger des aliments peu compatibles, asperger d’eau de javel sont des techniques répandues quoique l’eau de javel le soit moins que ne le laisse croire l’importante référence qui y est faite dans les médias et discussions, qui permettent un refus indirect et euphémisé de la récupération, malgré la violence des pratiques en elles-mêmes détruire et empoisonner. De même que laisser prendre » peut être interprété tantôt comme indifférence, tantôt comme bienveillance, empêcher » peut sembler volontaire ou fortuit. Ce, parce que mettre au rebut » est une expression vague pour désigner une grande diversité de pratiques, des degrés dans la négation et la destruction. Des déchets abîmés6 ou en désordre sont-ils le résultat de pratiques négligentes ou volontaires ? Jette-t-on parce que c’est inutilisable, ou rend-on inutilisable en jetant ? Par la réduction en miettes, en bouillie, en poison, l’ex-propriétaire malheureux de n’avoir pu suffisamment jouir de son bien, ou tirer profit de sa marchandise, semble vouloir s’assurer que personne ne le pourra jamais. Mais peut-on imaginer, à l’inverse, un bien jeter » qui serait, comme le note Monsaingeon 2017, p. 247 la forme raffinée de ce processus d’abandon, […] une réponse moralement acceptable pour le sujet désencombré » ? Jeter, c’est toujours déjà détruire, condamner. Le surcroît de violence destiné à empêcher la récupération montre la contrainte qu’exerce sur les sujets l’injonction marchande à la rotation des produits, à l’abondance et à la fraîcheur », malgré la condamnation morale du gaspillage. Illustration 3 – Diversité des techniques de privatisation et de destruction des déchets En haut privatisation des déchets par javellisation Paris XIXe et par rétention Paris XIXe - Auteur J. Guien, 2013 et bas destructions des invendus Paris XVIIIe - Auteur J. Guien, 2017. Donner, prendre, protéger ? Échanges avec éboueurs et passantes 26La solidarité témoignée par les éboueurs s’oppose aux démonstrations d’hostilité de certains commerçants, et à l’image menaçante que ces derniers construisent parfois d’eux, comme dépositaires d’une vague autorité municipale. Les éboueurs me saluent, se montrent précautionneux au moment d’emporter une poubelle proche de moi Attention ! », C’est bon ? On peut y aller ? », m’adressent des paroles aimables Bon appétit ! », somment le boulanger qui leur apportait directement sa poubelle de me laisser fouiller. Je n’eus qu’une seule altercation avec un éboueur, qui me heurta physiquement avec une poubelle pour me signifier que c’était à son tour de s’en occuper. Ce fut l’unique fois où j’eus l’impression de constituer une gêne dans le travail de collecte. Si je veille de fait à leur laisser la place quand le camion parvient à ma hauteur, et à laisser l’espace en ordre, leur arrivée n’est pas un moment de tension. 27Les passants entrent aussi en contact ; parfois, en position de don me proposant une pièce, une denrée… ; parfois, d’échange verbal, me demandant d’éclairer la situation Pourquoi vous faites ça ? Vous n’avez pas de travail ?». Se pose alors le problème de refuser le don également proposé par des éboueurs et employées de supermarché et de justifier de mon activité, délicat dans la mesure où la réponse à cette question n’est pas forcément celle qu’ils attendent, et où je n’ai pas toujours envie de répondre. En effet, je remarquais rapidement que j’étais moi-même en proie à la fermeture relationnelle décrite supra la récupération implique effort physique avoir la tête dans la poubelle ; tenir un couvercle, des denrées, porter, attention surveiller l’avancée du camion, le comportement du commerçant, le passage des voitures, urgence parfois courir à la poubelle, ramasser le plus vite possible. Je ne suis donc pas toujours disposée pour la conversation, même si elle porte sur les raisons de ma pratique comment les exprimer rapidement et simplement ? Les mots gaspillage alimentaire » ou réduction des déchets », devenus communs, suffisent-ils ? À ce problème pratique » car lié à la gestion de l’action, notamment du temps s’ajoute mon refus de bénéficier de ressources dont je n’ai pas un besoin exclusif. Ainsi, je refuse le don et dis en général que je fais cela pour éviter que ça parte à la poubelle », que ça soit gâché ». Cela suscite rarement davantage de curiosité, mais achève parfois l’échange dans l’incompréhension une cliente d’une boulangerie dont je fouillais la poubelle voulu m’offrir un ticket restaurant, que je refusais en lui disant que je préférais récupérer. Elle insista, sur le même registre Mais comme ça, vous pourrez acheter ! ». 28Je tente cependant quelquefois d’échanger si des passants ralentissent, regardent avec stupéfaction les quantités que j’extrais, s’approchent des denrées, je les salue, leur en propose, et parfois ils acceptent, après avoir vérifié que je suis bien sûre ». Je dois alors tendre les denrées, montrer en même temps la quantité que j’ai à ma disposition, afin qu’eux-mêmes ne craignent pas de me faire concurrence ; j’essaie de donner des conseils sur la manière de les consommer ou de récupérer. Les relations sont, là aussi, hésitantes et précautionneuses. Seule une adolescente m’interpella avec enthousiasme sur ma pratique, parce qu’elle avait vu Le scandale du gaspillage alimentaire Raimbault, 2012 à la télévision et m’avait reconnue ; mais son entrain venait plutôt de la découverte que ce film avait été tourné ici », dans son quartier, avec des denrées récupérées dans la poubelle du magasin qu’elle fréquentait. Je ne me vis attribuer qu’une seule fois le mot freegan » vous êtes freegan ? » par une passante. Je ne puis témoigner que d’une démonstration directe d’hostilité, de la part d’une troisième. Sa fille d’environ 4 ans, voyant que j’avais posé sur le couvercle de la poubelle des jouets qu’elle contenait, avait tendu la main vers eux. Elle tapa sur sa main et s’écria en me regardant Ça va pas non ? Et puis quoi encore ?! ». Faire les poubelles était la dernière des choses qu’elle pouvait lui souhaiter, et cela, il fallait me le faire savoir. 29Entre la compassion et l’agression, s’étend enfin le vaste champ de propositions récurrentes que je qualifierais avec Paolo Tabet d’économico-sexuelles, c’est-à-dire d’invitations masculines à l’échange de services sexuels » contre des compensations » matérielles Tabet, 1987. Beaucoup de passants hommes me firent en effet des propositions témoignant de l’existence d’un continuum » entre les différentes formes d’échanges économico-sexuels, de la prostitution à la dot en passant par les divers cadeaux et invitations Tabet, 1987. La finalité sexuelle de ces propositions atteint des degrés d’explicitation divers, allant de la proposition de services tarifés à la demande en mariage, en passant par les invitations à déjeuner. Des passants prirent en effet l’alimentaire pour prétexte, me proposant de m’inviter à déjeuner » ou de [m’]achete[r] des légumes », m’appelant mademoiselle » ou miss » ; un employé de Franprix me demanda mon âge puis m’informa qu’il cherch[ait] une copine » ; un éboueur me proposa de l’épouser ; un passant s’arrêta et me demanda si j’étais toute seule » ; alors que je tentais de faire échouer la conversation en répondant Là ? En ce moment ? Oui, tu vois bien », il me demanda si je ne cherch[ais] pas un protecteur ». Un seul passant alla à la contractualisation explicite, précisant le tarif et la prestation recherchée. 30Les autres propositions et tout particulièrement ce terme de protecteur », dont on peut remarquer qu’elles viennent de tous les groupes d’acteurs étudiés, ne sont pas explicites. En cela, elles sont riches d’enseignement tant sur la perception sociale de la récupération que sur les rapports de genre. Elles témoignent du lien organique blindé, on dirait, entre la gestion de la sexualité, la division sexuelle du travail et l’accès inégal aux ressources » Tabet, 2014. D’une part, elle montre l’idée que ces hommes se faisaient de mes besoins au vu de mes pratiques de récupération ; d’autre part, l’idée qu’ils se faisaient de l’intérêt que, en tant que femme, j’aurais dû trouver à accepter un statut de dominée. Avisant une situation qu’ils percevaient comme dégradante ou de dernier recours, ces hommes me proposèrent ce que, selon eux, j’étais censée rechercher un statut économique et social sécurisé en échange de services sexuels. On retrouve ici l’association entre boulot sale » lié au déchet et sale boulot » Hughes, 1996 ; Lhuillier, 2005, d’autant plus dégradant lorsqu’il est féminisé Benelli, 2011, p. 94-103. 31Outre le biais du genre, jouaient ici ceux de l’âge et de la classe. Comme le dit une employée de supermarché, il était étonnant que fasse les poubelles une fille jeune et fraîche ». Autrement dit, la jeunesse alors environ 25 ans et l’état de mon corps suggéraient que je pouvais accéder à d’autres ressources, en travaillant car j’étais physiquement valide, en évitant certaines dépenses auxquelles je semblais avoir accès hygiène et habillement, ou encore en trouvant un ou plusieurs hommes avec qui entretenir des formes d’échanges économico-sexuels. Mon corps faisait ainsi converger un faisceau de représentations et d’attentes concernant le travail des femmes, leur sexualité et leur occupation de l’espace. Souvent penché ou accroupi sur le trottoir, dans une proximité physique forte avec des matières taboues le bitume foulé par les passants, l’eau charriée par le caniveau, ce corps apparaissait comme déplacé », sur le mode du déplacement constitutif du tabou de la souillure » étudié par Mary Douglas 2001 il n’est pas à la place qui lui revient dans l’ordre social. Comment la jeunesse et la fraîcheur pouvaient-elles s’approcher, et même s’alimenter, s’incorporer, des substances périmées, dépassées » ? Comment une femme pouvait-elle s’exposer, seule et dans la rue, à des tâches fatigantes et stigmatisantes ? Genré et âgé, ce corps déplacé faisait émerger, en guise de critères de classement, de re-placement, des préjugés concernant la place de la femme dans l’espace privé, intérieur et dans la division du travail domestique, mais aussi sexuel. Conclusion 7 Il pourrait également être heuristique de rapprocher ce discours de celui des militantes du travail ... 32Dans l’ensemble, ces expériences témoignent de la faible identification de la pratique du freeganisme et du mépris social de la récupération, vue comme échange compromettant avec des matières taboues et des lieux inhabitables la récupération de rue est toujours conçue comme dernier recours, dont il faudrait émanciper à tout prix les acteurs, fût-ce par la domination, et fût-ce malgré eux. C’est pourtant un aspect fréquemment souligné par les récupérateurs, et particulièrement les récupératrices, que l’indépendance de cette activité, qui en fait un métier digne ; un métier, sinon choisi, en tout cas apprécié, car conçu comme une alternative aux gestions par le haut » des patrons, qui nous méprisaient, [d]es institutions, qui nous violentaient, [d]es maris » Collectif Rues Marchandes, 2016. Revendications qui invitent à complexifier la distinction initialement convoquée entre récupérateurs par choix et récupérateurs par nécessité, fondée sur des préjugés de classe qui invisibilisent les luttes populaires Guien et Ramirez, 2017, et sur des préjugés de genre qui associent systématiquement travail féminin et tâches domestiques, condition féminine et statut de dominée. Rappeler le discours de l’indépendance économique et sexuelle qui sous-tend les pratiques économiques informelles est à ce titre crucial7. 33Aidée ou chassée, intimidée ou mise sous tutelle, la récupératrice alimentaire de rue n’est guère laissée à la solitude de son geste. Paradoxalement, c’est dans l’interaction avec ceux qui considèrent aussi le déchet comme une ressource que l’échange est le plus rare, ne s’établissant que si toute menace de concurrence ou de relation agonistique a été suspendue. À l’inverse, ceux qui créent le déchet comme tel, abandonnent, détruisent ou attendent la destruction de denrées comestibles ont tendance à considérer la récupératrice comme parti prenante d’un échange dont ils fixent eux-mêmes les termes, et de façon ambiguë. En effet, outre la diversité et l’instabilité des pratiques de mise au rebut, on constate que beaucoup de gestes sont polysémiques. Laisser prendre, donner, empêcher, prévenir, sont des gestes aussi complexes que ceux de demander, prendre, partager, ou encore accepter de recevoir. Car ces gestes ne sont jamais unilatéraux parce qu’il n’y a pas de déchet ultime, et que toute chose peut acquérir, perdre ou reprendre de la valeur, le jeteur n’est pas indifférent à la récupération, toujours partiellement vécue comme un échange, refusé, concédé ou négocié. Dans ce contexte, et vue la tendance à la criminalisation de la récupération, cette pratique est souvent placée sous le régime ambigu de la tolérance, exposant les récupérateurs à l’arbitraire d’interprétations variables et de requêtes contradictoires.
Ajouter aux favoris 0La création de favoris est réservée aux abonnés! Connectez-vous Rédigé avec la participation de Alexandre Chenette, enseignant et conseiller pédagogique au Service national du RÉCIT, domaine du développement de la personne. Un dossier conjoint de Carrefour éducation et L’École branchée Jeu et apprentissage sont intimement liés, et ce depuis toujours. Peu importe la forme qu’ils prennent, les jeux, du simple jeu de cartes jusqu’au jeu vidéo le plus sophistiqué, représentent une excellente façon d’intérioriser la motivation, de stimuler l’engagement, la persévérance et le dépassement de soi. Ils sont porteurs de sens, développent l’autonomie, le sentiment de compétence, favorisent la créativité mais aussi la collaboration. Ils permettent même d’apprendre, de développer de nouvelles compétences, d’acquérir des connaissances, sans même s’en rendre compte ou presque!. Pas étonnant que de nombreux pédagogues tendent à intégrer le jeu dans leur salle de classe même si celle-ci est en mode virtuel. Depuis une dizaine d’années, la gamification, aussi appelée ludification, a peu à peu gagné en popularité dans le monde scolaire. Il s’agissait à la base d’intégrer principalement des principes associés à l’univers du jeu vidéo dans l’enseignement mécanisme de récompense, de quête, etc.. Bref, exit le traditionnel cours magistral! De nombreux termes et plusieurs façons de faire ont été explorés, si bien que la ludification a pu sembler comme une expérience des plus complexes à mettre en place pour certains enseignants. Pour d’autres, elle aura semblé futile en raison du caractère amusement » associé au jeu. D’ailleurs, pour s’éloigner de la mauvaise réputation » qu’a pu avoir le terme ludification, le mot ludicisation est de plus en plus employé. Celui-ci fait davantage référence au fait de rendre l’apprentissage ludique plutôt qu’à celui d’intégrer des mécanismes de jeu à l’enseignement. Dans ce dossier, nous vous proposons un tour d’horizon du monde de la ludification/ludicisation et nous vous expliquons pourquoi cette pratique est accessible à l’ensemble des enseignants. Car, nul besoin de revoir de fond en comble ses pratiques pédagogiques pour apporter une touche ludique à sa classe. Le secret est parfois dans les petits gestes qui font une différence. Table des matières La ludification, c’est quoi au juste?Que dit la recherche? L’impact de la ludification sur les où commencer?Possible de ludifier à distance?Des outils à explorerBon pour les profs aussi? 1- La ludification, c’est quoi au juste Avant de plonger dans l’univers de la ludification, il apparaît nécessaire de faire un retour en arrière. Tout d’abord, il faut savoir que ce terme n’est pas exclusif au monde de l’éducation. Cartes de fidélité, systèmes de points et de remise, ça vous dit quelque chose? Ces façons de faire font le bonheur des responsables de marketing du monde entier. Il s’agit en fait de l’utilisation de mécanismes traditionnellement associés au jeu vidéo dans des contextes autres que ceux du jeu commerce, santé, réseaux sociaux, plateformes Web, etc.. La gamification ludification promet ainsi d’augmenter l’engagement et la rétention de la clientèle visée en les incitant à consommer davantage des produits et services, ce que plusieurs ont souvent associé à la motivation extrinsèque. Bref, celle-ci n’avait rien à voir avec le plaisir généralement associé au monde du jeu, mais davantage avec le désir de modifier des comportements, de poser des gestes précis pour obtenir des récompenses. Appliquée à l’éducation, la ludification se veut l’intégration à l’enseignement de différentes postures règles, rôles, actions, etc. et d’artéfacts système de points, objets servant au jeu, jeux vidéo, etc. visant à ajouter une touche ludique à une situation qui ne l’est pas forcément au départ », explique Mikaël Roberge, de l’Université de Sherbrooke, dans un précédent dossier publié conjointement par l’École branchée et Carrefour éducation. Précisons que la ludification, bien que souvent associée au jeu vidéo, n’a pas à être technologique ou numérique pour être considérée comme telle. Il suffit de penser à l’utilisation de dés ou de jeux de cartes. Elle tend néanmoins à l’être de plus en plus dans le contexte actuel. Comme mentionné en introduction, la ludification a pu parfois avoir mauvaise presse dans le monde de l’éducation en raison du caractère futile souvent associé à l’univers du jeu. Ce n’est pas parce qu’on associe le jeu à un passe-temps qu’il est une activité vide de sens, bien au contraire; les jeux en général sont des activités pouvant être très profitables dans un contexte d’enseignement », indique cependant M. Roberge dans le même dossier cité ci-haut. Yu-Kai Chou, le père de la ludification Face à la perception négative et à une certaine incompréhension de la ludification pas seulement dans le monde de l’éducation, mais également dans les domaines du marketing et de l’entrepreneuriat, le spécialiste Yu-Kai Chou, figure phare de la gamification, invite désormais à s’éloigner des mécanismes de récompenses tape-à-l’oeil game-centered design, associés à l’univers du jeu et à la motivation extrinsèque, pour se concentrer davantage sur l’humain en examinant plus en détail les véritables facteurs de motivation qui lui sont propres human-centered design, et donc, à la motivation intrinsèque. Yu-Kai Chou est un entrepreneur, designer, auteur et consultant taïwanais qui fut dès 2003 l’un des plus importants pionniers de l’industrie de ce que deviendra la gamification, bien avant que le terme soit connu du grand public. Il a contribué à sa définition et à sa popularité. Il définit également les huit principaux moteurs de la motivation humaine. Si on demande à un joueur pourquoi un jeu est amusant, il ne dira pas que c’est parce qu’il y a des points. Il dira que c’est parce qu’il y a du challenge, parce que ça lui fait utiliser sa créativité, parce que ça fait de lui plus que ce qu’il était hier ». Voilà la philosophie de Yu-Kai Chou. D’ailleurs, la notion de plaisir est un aspect majeur dans toute expérience liée au jeu, contribuant à la motivation bien personnelle. Au final, on joue à notre jeu favori pour le jeu en soi et le plaisir qu’il nous procure, pas pour les points et les niveaux qu’on y gagne, ceux-ci n’étant qu’une partie infime et secondaire de l’expérience. Alexandre Chenette, du Service national du RÉCIT, domaine du développement de la personne, s’est abondamment penché sur les travaux de Yu-Kai Chou et les a adaptés au monde de l’éducation en présentant les huit principaux moteurs de la motivation humaine. Sens épique et vocationDéveloppement et accomplissementAutonomie créative et rétroactionPropriété et possessionInfluence sociale et connexionRareté et impatienceImprévisibilité et curiositéPeur de la perte et évitement Ceux-ci sont présentés plus en détail dans un article sur le site de l’École branchée 8 leçons tirées des jeux vidéo pour augmenter la motivation et l’engagement. Vers la ludicisation Cette nouvelle façon d’aborder la ludification pourrait sourire au domaine de l’éducation, où les visées ne sont pas la croissance et le profit comme dans l’univers marketing, mais plutôt le développement et l’acquisition de connaissances et de compétences chez les jeunes. En effet, l’importance de l’humain » la relation pédagogue-apprenant, l’effet enseignant, le sentiment d’efficacité personnelle, les aptitudes socioaffectives, etc. est cruciale pour l’apprentissage des élèves. Dans cette optique, une nouvelle terminologie tend à apparaître pour décrire le fait de rendre l’enseignement plus ludique. Le terme ludification, associé aux mécanismes de rétention et à la motivation extrinsèque, pourrait être remplacé par le terme ludicisation, qui ferait davantage référence au fait de stimuler les facteurs de motivation intrinsèque chez les élèves. Dans leur plus récent ouvrage, Margarida Romero et Eric Sanchez, Apprendre en jouant 2020, abordent cette notion. On parlerait donc désormais de ludiciser l’enseignement. Gamification, ludification, jeux sérieux…. LUDIFICATION de gamification Utilisation de mécanismes traditionnellement associés aux jeux vidéo dans des contextes autres que ceux du jeu commerce, santé, réseaux sociaux, plateformes web, etc.. LUDICISATION Ludiciser l’apprentissage, c’est le rendre plus agréable, amusant et engageant en adoptant une attitude ludique. Plutôt que de se concentrer sur les mécanismes de récompenses du jeu game-centered design, la ludicisation invite à explorer les facteurs de motivation humaine stimulés par le jeu human-centered design. JEUX SÉRIEUX de serious games Comme leur nom l’indique clairement, il s’agit de jeux mais dont l’objectif principal est sérieux comme par exemple l’apprentissage alloprof ou la résolution de problèmes scientifiques PHYLO, Une précision de Mikaël Roberge Jeu sérieux […] ne devrait pas être synonyme de jeu éducatif, car tous les jeux ont un potentiel éducatif. […] [Et] ce n’est pas parce qu’on ajoute le terme sérieux » à jeu » que celui-ci permet l’apprentissage. Tout comme on peut apprendre en jouant à un jeu vidéo commercial, il est possible de ne rien apprendre en jouant à un jeu sérieux. » En complément – Exploiter les jeux numériques pour favoriser l’apprentissage mission possible!, 25 mai 2017, l’École branchée– L’enseignement à distance dans les universités et les cégeps le jeu pour faciliter l’apprentissage, 15 mai 2020, The Conversation– Battre le boss, Ludiciser l’apprentissage, présentation de Alexandre Chenette, RÉCIT 2- Que dit la recherche? Les effets de la ludicisation sur les élèves Maintenant que nous comprenons un peu mieux à quoi fait référence la ludicisation, tournons-nous vers les retombées positives qu’elle peut avoir dans une salle de classe. Il est vrai que le jeu est souvent associé à une augmentation de la motivation et de l’engagement chez les élèves, mais qu’en est-il réellement? D’abord, rappelons-nous que le jeu symbolique faire semblant de… est au coeur des apprentissages au préscolaire. Celui-ci permet notamment d’enrichir son langage oral, de développer sa conscience phonologique et d’être initié au langage écrit ». Ensuite, la notion de jeu se perd peu à peu alors que les enfants passent d’un niveau scolaire à l’autre. Pourtant, nombre d’études ont démontré le rôle positif du jeu dans l’apprentissage. Il est parfois difficile de mettre les études en lien les unes avec les autres en raison des définitions différentes et du vocabulaire qu’elles utilisent. Par contre, des constantes reviennent souvent. Engagement dans la tâche et motivation à apprendre en font partie. Le jeu contribue aussi au développement de compétences spécifiques, comme la collaboration, la résolution de problèmes, l’autonomie, et favorise la créativité chez les jeunes. De façon générale également, les recherches confirment que le jeu permet d’interagir et de socialiser, que ce soit dans un objectif de collaboration ou de compétition Lenhart, 2008;une stimulation sensorielle images, musique, actions, etc. ou émotionnelle présence d’une trame narrative, personnages intéressants, etc. Tisseron, 2013. Les meilleurs jeux permettent de capter l’attention des joueurs pour de longues périodes, tout en procurant un sentiment d’accomplissement et de bien-être important », rappellent Alexandre Lillo et Thomas Burelli dans leurs travaux de recherche. Ce phénomène se nomme l’état de flow », selon les travaux de Mihaly Csikszentmihalyi, un état de concentration maximale très propice à l’apprentissage. Par ailleurs, la grande majorité des études sur le jeu et l’apprentissage se sont penchées sur l’impact des jeux vidéo en particulier, compte tenu de la grande place qu’ils occupent dans notre société et dans le quotidien des jeunes. Selon Jane McGonigal, chercheuse et game designer, la moyenne des gens aura consacré environ 10 000 heures aux jeux vidéo avant l’âge de 21 ans, ce qui équivaut approximativement au temps passé en classe de la cinquième année à la fin du secondaire. Au Canada, selon l’étude Amateurs de jeux vidéo au Canada – Faits essentiels 2020, 90 % des adolescents de 13 à 17 ans 60 % des adolescentes et 82 % des hommes de 18 à 34 ans 58 % des femmes se considèrent comme des joueurs de jeux vidéo. Au Québec, toujours selon la même étude, on estime à 57 % le nombre d’adultes qui s’amusent aux jeux vidéo, à 37 l’âge moyen des joueurs et à 8 h par semaine le temps moyen passé à jouer. Ainsi, les études en lien avec l’usage des jeux vidéo se multiplient afin de mieux comprendre le phénomène et de cerner les bienfaits de leur intégration en éducation. Par exemple, à Montréal, la Chaire de recherche du Canada sur le numérique en éducation a réalisé un projet de recherche en intégrant le jeu Minecraft de façon très structurée dans des classes de la 3e à la 6e année du primaire. Les élèves ont fait preuve d’une motivation accrue à l’égard de l’école, de meilleures compétences en informatique, en lecture et en écriture, de meilleures aptitudes à la résolution de problèmes, d’une plus grande créativité et autonomie, et d’une collaboration accrue avec leurs camarades de classe. » Seuls, mais en groupe Autre élément à prendre en considération les jeux de groupe représenteraient une excellente manière d’aider les élèves à développer leurs compétences individuelles. Une étude de l’American Institute of Research a conclu que l’apprentissage collectif répond aux besoins d’apprentissage personnels, puisque les joueurs qui éprouvent des difficultés sont soutenus par leurs pairs afin qu’ils puissent progresser dans le pourrait penser que l’apprentissage personnalisé pour répondre aux besoins d’un élève en particulier devrait être individualisé lui offrir une situation d’apprentissage ludique spécialement conçue pour lui. Cependant, les chercheurs ont constaté que les étudiants qui ont expérimenté davantage de collaboration ont connu une plus grande croissance de leur apprentissage personnel ». Ainsi, la force du groupe contribuerait à élever chaque joueur complément– Hamlen, K. R. 2013. Understanding children’s choices and cognition in video game play A synthesis of three studies. Zeitschrift für Psychologie, 2212, 107-114.– Lenhart, A., Kahne, J., Middaugh, E., Rankin M., A. Evans, C. et Vitak, J. 2008. Teens, video games and civics Teens gaming experiences are diverse and include significant social interaction and civic engagement. En ligne Consulté le 15 janvier 2020.– Tisseron, S. et Khayat, D. 2013, Étude préliminaire de validation d’un questionnaire évaluant le type d’interaction dans les jeux vidéo. Neuropsychiatrie de l’enfance et de l’adolescence, 61, p. 81–92– Granic, I., Lobel, A. et Engels 2013. The benefits of playing video games. American Psychologist, 691, 66-78– Tardif N. 1992. Dans L’interdisciplinarité une voie d’avenir. Actes de colloque. Sherbrooke.– Minecraft peut aider à apprendre et à résoudre des problèmes – oui, oui à l’école! », 24 avril 2019, The Conversation– L’enseignement à distance dans les universités et les cégeps le jeu pour faciliter l’apprentissage », 15 mai 2020, The Conversation– Working in a group might be the best way to help kids meet individual goals, study says », 24 septembre 2019, The Hechinger Report– Amateurs de jeux vidéo au Canada – Faits essentiels 2020, Association canadienne du logiciel de divertissement, 2020– Sondage sur les jeux vidéo en pandémie un véritable exutoire pour les jeunes et les moins jeunes », 17 novembre 2020, Le Journal de Montréal– Hours spent on playing video games per week in Canada 2020, 19 novembre 2020, Alexander Kunst Une pratique qui gagne en popularité Sans parler nécessairement d’engouement, il y a définitivement un intérêt croissant pour la ludicisation de la part des enseignants. Je dirais qu’il y a une plus grande curiosité depuis 2-3 ans. Les enseignants souhaitent en savoir plus sur les façons d’amener des éléments plus ludiques à leur enseignement. Ils sont conscients qu’il peut y avoir des avantages pour leurs élèves. Ils veulent varier leurs approches et la ludification en fait partie », indique Mathieu Beauséjour, enseignant en univers social au Collège St-Sacrement. Depuis 4 ans, il est responsable de la rétroaction et de l’évaluation des productions des apprenants qui suivent la formation Ludification du CADRE21. Il est d’ailleurs le seul à avoir atteint le plus haut niveau 4 Innovateur de cette autoformation, qui elle aussi comporte des éléments de ludicisation, comme l’ensemble de l’offre du CADRE21. Nous y reviendrons dans la section suivante de ce dossier. Samuel Bernard, enseignant de 6e année à l’école Saint-Albert-le-Grand à Québec, a complètement ludicisé sa classe depuis deux ans. Concrètement, cela signifie qu’il a ajouté une trame narrative à l’ensemble de sa planification de l’année. Les élèves créent leur personnage avatar à la rentrée, puis, ils accèdent à des parcours, complètent des quêtes, etc. Le vocabulaire a été adapté en conséquence; il n’y a pas d’examen, mais des batailles et les équipes sont des guildes, par exemple. Les activités ne sont pas nécessairement numériques, des planches de jeu physiques proposent aussi des défis particuliers aux élèves. Je propose un univers ludique à mes élèves, même si, au final, ils voient la même matière que les autres élèves de 6e année », dit-il. Il convient qu’il lui a fallu de nombreuses heures d’adaptation pour en arriver à ce résultat. Il s’est principalement inspiré des travaux de Scott Hebert, un enseignant albertain qui est devenu la référence dans le domaine. Car, dans le monde de la ludicisation de classe, il existe encore peu de références et de ressources clé en main. Les enseignants qui se lancent font figure de pionniers. Samuel Bernard aurait pu se contenter d’ajouter une touche ludique à son enseignement, mais il est allé pour la totale ». Néanmoins, il reconnaît que la majorité des enseignants débuteront plus modestement. Dans le but d’appuyer ses collègues, il participe présentement à la mise à jour de la formation Ludification du CADRE21. 3- Par où commencer? La ludicisation vous interpelle comme pédagogue, mais vous vous demandez Comment puis-je ludiciser ma classe, mon enseignement, l’apprentissage des élèves? Sachez qu’il n’y a pas de façon de faire qui soit unique. Et il est tout à fait possible que vous en fassiez déjà par l’utilisation de différentes stratégies. Voici les 5 conseils d’Alexandre Chenette, que nous avons aussi retrouvés dans les propos de Mathieu Beauséjour et de Samuel Bernard 1. Ludiciser, ce n’est pas recommencer Il ne faut pas percevoir la ludicisation comme une montagne ou du travail supplémentaire. Oui, il faut prendre le temps de s’arrêter pour ajouter un petit plus à son enseignement, mais il ne s’agit surtout pas de recommencer à zéro. La ludicisation n’implique pas de créer des jeux pour la classe, mais plutôt d’adopter une attitude ludique. Il est tout à fait possible d’apporter des ajustements aux activités que l’on utilise déjà afin de les rendre plus ludiques et engageantes pour les élèves. » Samuel Bernard Il est possible de commencer à intégrer des concepts en lien avec le jeu dans certaines activités quête, défi, notion de temps et système de pointage. L’important est de mettre les élèves en action. » – Mathieu Beauséjour 2. L’apprentissage prime toujours La ludicisation ne doit jamais se faire au détriment de l’apprentissage mais, au contraire, servir à le bonifier. L’apprentissage est l’essentiel, la ludicisation rend le tout plus agréable pour tous. Gardez toujours en tête votre intention pédagogique. Il ne s’agit pas de faire un jeu pour faire un jeu. » Mathieu Beauséjour Je trouve qu’il est plus facile pour les élèves de développer des compétences comme la collaboration, la prise de risque et de décision à travers les activités ludiques. Et cela n’a rien à voir avec l’utilisation ou non d’outils technologiques. » Samuel Bernard 3. Il existe différents types de joueurs/d’apprenants Si la majorité des jeunes et des moins jeunes aiment jouer, il existe différents types de joueurs qui ne recherchent pas les mêmes expériences de jeu voir la typologie de Bartle. De même, il existe différents types d’apprenants. Il est donc primordial de penser à des jeux et des approches variés. La ludification, c’est comme le reste. Si on refait toujours la même chose, cela peut devenir redondant pour les élèves. Cela prend une certaine diversité. Certaines activités seront très simples, comme un quiz, alors que d’autres pourraient amener les élèves à compléter un défi dans un jeu vidéo. » Mathieu Beauséjour La ludification de ma classe me permet de rejoindre davantage les élèves qui aiment moins l’école à la base ou qui ont certaines difficultés d’apprentissage. Finalement, je remarque que ce sont tous les élèves qui participent davantage. »Samuel Bernard 4. Attention au ratio temps investi et valeur pédagogique Votre temps est immensément précieux et la ludicisation ne devrait pas occuper tous vos temps libres. Par exemple, vous ne devriez pas passer une fin de semaine entière à créer une activité qui ne prendra que 20 minutes à faire en classe. J’avoue qu’il est facile de s’emballer et de passer beaucoup plus de temps que prévu sur un projet. Je l’ai vécu personnellement. Portez une attention particulière au temps et revenez à votre intention pédagogique de départ. » Mathieu Beauséjour Personnellement, j’ai passé beaucoup de temps à mettre en place l’univers ludique de ma classe. C’est un choix que j’ai fait. Même moi, je recommanderais d’y aller étape par étape en ludifiant une activité à la fois. »Samuel Bernard 5. Ayez du plaisir Assurez-vous de trouver vous-même du plaisir lors de la création d’activités d’apprentissage ludiques. Et demandez-vous si vous auriez du plaisir à réaliser les activités. Si la réponse est non, il vaut peut-être mieux changer de concept. Le plaisir et la passion, c’est contagieux. La grande différence dans ma classe avec la ludification est que nous avons beaucoup plus de plaisir. Il y a une énergie qui se ressent. Je sens la motivation de mes élèves. »Samuel Bernard 4- Possible de ludiciser à distance? La nouvelle réalité de l’enseignement hybride ou à distance donnera-t-elle un élan supplémentaire vers la ludicisation? Le maintien de la motivation et de l’engagement des élèves a toujours représenté le plus grand défi de la formation à distance, bien avant l’enseignement en ligne. La ludicisation peut donc s’avérer d’autant plus intéressante dans un contexte en ligne, alors qu’elle permet de réduire la dichotomie entre plaisir et travail, en rendant l’apprentissage plus agréable et stimulant. Le fait de devoir basculer vers l’enseignement à distance a fait en sorte que certains enseignants ont cherché de nouvelles façons de faire pour garder le lien avec leurs élèves et les engager davantage dans leurs apprentissages. Il est clair que la situation actuelle n’est pas propice à réinventer la roue, mais cela peut être le moment d’essayer de nouvelles choses. Le contexte permet, quand même, de se donner une certaine marge de manoeuvre pour expérimenter », fait valoir Mathieu Beauséjour. La ludification se prête bien à l’enseignement à distance. De plus, c’est plaisant de savoir que ce qui fonctionne à distance fonctionnera aussi en classe. Donc, cela peut valoir la peine de développer de nouvelles activités pédagogiques avec des outils en ligne. Elles pourront être utilisées en classe dans les années futures », ajoute Samuel Bernard. Parmi ses applications de prédilection pour ludiciser l’enseignement en ligne, il note Kahoot, Genially, Quizzlet et Gimkit. De son côté, Mathieu place dans son top 3 Genially, Minecraft et Scratch. Une plateforme comme par exemple est idéale pour créer des scénarios, des quêtes, des activités d’apprentissage interactives, facilement partageables et consultables par les élèves en ligne. La ludicisation s’allie aussi merveilleusement bien avec une approche de classe inversée. La beauté de la ludicisation est que même si elle ne nécessite aucun écran, elle peut se vivre aussi bien en ligne qu’en présence. En complément – Travail d’un élève de Mathieu Beauséjour qui a réalisé la programmation d’un jeu dans son cours d’histoire. La programmation avec Scratch a été enseignée dans un cours du programme de robotique. 5- Des outils à explorer Il existe plusieurs façons de ludiciser sa classe ou son enseignement. Du simple quiz jusqu’à la programmation d’un mini jeu vidéo, les possibilités sont nombreuses et demeurent accessibles autant aux enseignants curieux qu’à l’expert en scénarisation d’activités. Voici un aperçu des contextes et des applications liées. Dans son guide thématique, L’usage pédagogique des jeux vidéos, Carrefour éducation présente aussi de nombreuses applications. Jeux de création Plateformes permettant aux joueurs de créer leurs propres jeux ou environnements virtuels ex. Minecraft, Roblox, CoSpaces, Unity. Jeux d’évasion Jeux où il faut trouver des indices et répondre à des énigmes pour pouvoir s’échapper et compléter un scénario ex.Genially, BreakoutEdu. Jeux d’exploration Jeux immersifs dans lesquels les joueurs sont libres d’explorer un lieu ou une époque ex. Discovery Tour. Jeux de programmation Applications permettant aux élèves d’apprivoiser le code ou de coder leur propre jeu ex. Scratch, MakeCode Arcade Jeux questionnaires Jeux permettant de répondre à des questions de façon interactive ex. Wooclap, AgoraQuiz, Kahoot, Quizizz, Socrative, Gimkit. Jeux sérieux et jeux éducatifs Jeux vidéo dont l’intention est sérieuse, comme l’apprentissage ou la résolution de problèmes scientifiques ex. Alloprof, PHYLO, Jeux de rôles Jeux permettant de créer différents personnages et/ou scénarios interactifs ex. Constellation de l’Ours, RPG Maker, Twine. Apprentissage ludifié Plateformes intégrant des mécanismes du jeu vidéo pour motiver et faciliter l’apprentissage ou la gestion de classe ex. Duolingo, Brainscape, Classcraft, Classdojo 6- Bon pour les profs aussi ? Ce ne sont pas uniquement les jeunes qui sont attirés par le jeu, l’esprit compétitif et la trame narrative derrière la ludicisation des apprentissages plus sérieux. On l’a vu au cours de ce dossier, les adultes sont tout aussi sensibles qu’eux à l’aspect ludique d’une activité. On n’a qu’à se rappeler que l’âge moyen des adeptes de jeux vidéo est de 37 ans. Donc, peu importe l’âge des apprenants, il peut être pertinent et avantageux de détourner les stratégies du web-marketing pour en faire une stratégie didactique qui facilite l’acquisition et le partage du savoir, comme l’indiquait Grégoire Aribaut, conseiller pédagogique à l’Université de Montréal, lors d’une conférence donnée au REFAD. Suivant ces données issues de la recherche, le CADRE21 a basé une partie de son modèle de formation en développement professionnel pour les enseignants sur la ludicisation. L’organisation propose des parcours de formation dans lesquels les apprenants peuvent franchir quatre niveaux dans chacun d’eux explorateur, architecte, virtuose et innovateur, ils obtiennent de la rétroaction personnalisée après chaque niveau, en plus de récolter des badges qui certifient l’acquisition des connaissances et compétences. Les niveaux marquent la progression dans les apprentissages et le développement de compétences par les apprenants; il s’agit d’un élément important dans la construction de nos autoformations. Par ailleurs, nous misons beaucoup sur la rétroaction personnalisée, qui est toujours faite par un expert du sujet de la formation. C’est cette rétroaction qui amène une plus grande valeur à l’expérience de formation en ligne », affirme Maxime Pelchat, stratège numérique au CADRE21. Qu’en est-il des badges? Souvent associée à la ludification, l’attribution de badges fait partie des éléments phares de celle-ci. Le badge numérique représente la preuve d’une démarche de développement professionnel. Ainsi, le badge octroyé à un apprenant via la plateforme du CADRE21 contient les traces de ses réflexions et de ses actions concrètes dans son milieu. C’est donc en faisant la démonstration de son action réflexive » que le badge prend toute sa valeur », fait valoir Maxime. Néanmoins, les badges numériques sont maintenant une réalité dans le portrait du développement professionnel et de la formation continue des enseignants au Canada. En plus de reconnaître les compétences associées à leur obtention preuves, un nombre d’heures associées à leur acquisition permet d’inclure le tout dans un plan de développement professionnel. » Bref, le badge représente une reconnaissance pour l’apprenant qui a complété un parcours de formation et qui s’engage dans ses apprentissages. Il s’agit d’un élément de motivation et d’engagement supplémentaire, qu’il est possible d’afficher dans son portfolio professionnel par la suite, aux côtés d’autres réalisations et certifications. En complément Formation en lien avec la ludification, CADRE21Formations en lien avec les jeux d’évasion pédagogique, CADRE21Campus RÉCIT Les jeux d’évasion permettent d’apprendre par le jeu. Ils visent à résoudre une série d’énigmes en contexte réel pour ouvrir un coffre aux trésors ou pour relever de nouveaux défis. Cette autoformation de Campus RÉCIT présente, en plus des jeux traditionnels avec des cadenas et jeux numériques, d’autres options utilisant du matériel sérieux en univers social Ce parcours de formation permet d’explorer le potentiel pédagogique du jeu sérieux en univers social au secondaire. Au cours du premier module, Marc-André Éthier, professeur à l’Université de Montréal, vous entretient sur l’apprentissage et les jeux sérieux, dont Origins d’Ubisoft et Minecraft. Que dit la recherche sur l’utilisation de cette technologie à l’école? Le deuxième module présente un exemple concret filmé en 1re secondaire afin de vous aider à comprendre et à visualiser comment cela se déroule. Dans le module suivant, vous êtes invités à faire l’essai d’une tâche avec le jeu Origins. Le dernier module propose des tutoriels pour vous aider à utiliser ce jeu d’ d’activités ludiques Apprentissage en cours… est une plateforme de partage d’activités d’apprentissage dynamiques et expérientielles basées sur le jeu Les badges numériques valeur, confiance, reconnaissance et crédibilité », 2 juin 2020, Le Réseau EdCan À propos des badges », 6 juillet 2020, Sébastien Stasse Conclusion Le thème de la ludification est souvent associé aux jeux vidéo, avec raison, puisqu’il y puise une bonne part de ses caractéristiques. Néanmoins, le jeu, de façon générale, a toujours fait partie intégrante du processus d’apprentissage chez les enfants. On n’a qu’à penser à l’importance que prend le jeu symbolique au préscolaire. Ce dossier visait à mieux définir la ludification en éducation, les formes qu’elle peut prendre et surtout rappeler que cette pratique est accessible à tous. Effectivement, rappelons que le fait de ludifier sa classe ne signifie surtout pas de devenir créateur de jeux. Il s’agit davantage de s’inspirer des caractéristiques de ceux-ci, comme les mises en situation, les défis à relever, la rétroaction rapide et la mise en valeur des réussites afin de favoriser la motivation, le désir d’aller plus loin et de se dépasser. Tout est dans la subtilité et les changements progressifs qu’il est possible de faire. Surtout, il est important de rester soi-même et d’y aller selon son degré de confiance. Il existe des outils très intuitifs pour faire ses premiers pas. Comme pédagogue, la réussite de vos élèves demeure une priorité. Quoi de mieux que de leur permettre de l’atteindre de façon agréable, amusante et engageante? En stimulant leur motivation intrinsèque, en favorisant leur engagement dans leurs apprentissages, vous avez un impact positif et durable sur eux. L’enseignement à distance offre une occasion supplémentaire d’essayer de nouvelles approches pédagogiques. C’est le moment de tester des façons de faire différentes avec vos élèves, toujours en misant sur l’efficacité et la simplicité. Alors, cela pourrait être l’occasion de vous lancer. Serez-vous de ceux qui adopteront la ludicisation? En complément À lire dans l’École branchée Par amour pour le jeu table ronde sur la ludification Ludification, jeux et jeux sérieux un expert explique les subtilités L’Égypte antique au goût du jour Le pouvoir des jeux vidéos un allié à considérer Ludifier sa gestion de classe pour soutenir la motivation et la participation des élèves Ludifier utiliser les mécanismes du jeu pour stimuler l’engagement des élèves À lire sur Carrefour éducation – L’usage pédagogique des jeux vidéo– Jeux de société en classe apprendre, jouer, créer et fabriquer!
Apprenez à jouer autrement la grille d’accords d’une chanson soit en transposant la grille, soit en utilisant un capodastre. Par exemple, pour que les accords soient plus faciles à jouer ou pour que la tonalité soit plus adaptée à la tessiture du chanteur… Jouer autrement la grille d’accords d’une chanson Supposons que vous vouliez accompagner votre cousine qui a envie de chanter “Comme Elle Vient” de Noir Désir. Vous cherchez la tablature sur internet et vous tombez sur une version qui commence ainsi Vous constatez que la suite d’accords, c’est Em C G D voir cet article. Il y a des chances que vous sachiez très bien jouer Em C G D, car cette suite d’accords est extrêmement facile, mais on va supposer que votre cousine n’est pas très à l’aise dans cette tonalité. C’est l’occasion pour vous d’apprendre à jouer autrement la grille d’accords d’une chanson, pour qu’elle soit plus adaptée à votre niveau ou à la tessiture du chanteur. Vous pouvez le faire de deux façons soit en changeant les accords transposition de la grille dans une autre tonalité, soit en conservant les mêmes formes d’accords et donc leur doigté grâce à un capodastre. Comment transposer une grille d’accords 1. Le principe Transposer un morceau, cela veut dire jouer toutes ses notes un certain nombre de tons plus haut ou plus bas. Vous allez voir comme c’est simple. Le tableau des intervalles Il vous suffit d’utiliser le tableau ci-dessous, qui vous donne le nom des notes correspondant à tous les intervalles, et ce dans chacune des 12 tonalités ce qui veut dire “en prenant chacune des 12 notes de la gamme — celles du clavier de piano, noires comprises — comme note de référence”. Pour le télécharger afin de l’imprimer ou de le copier dans votre mobile/tablette, faites un clic-droit suivi de “Enregistrer l’image sous”. Note pour gagner de la place, seuls les dièses sont mentionnés mais vous n’aurez pas de mal à trouver les équivalents en bémols par exemple C = Db. Exemple transposer de E vers A Si vous prenez les lignes commençant par A et par E, vous allez facilement voir la correspondance entre les deux suites “E C G D” et “A, F, C, G” lettres en rouge Dans le tableau ci-dessus, les notes ne sont pas dans le même ordre que dans les suites d’accords, mais la correspondance est respectée Pour retrouver les accords mineurs, vous voyez qu’il a suffit d’ajouter “m” après E ou A. Maintenant, regardez la ligne E Pour passer de E à A, vous vous “déplacez” de 2,5 tons flèche rouge en passant de la grille Em C G D à la grille Am F C G, vous avez donc transposé la grille Em C G D de 2,5 tons. Et votre cousine apprécie car elle est parfaitement à l’aise dans cette tonalité. Vous, vous aimez un peu moins car il y a un barré, mais bon, il faut bien s’y mettre un jour ! Le tableau ci-dessus vous aidera à transposer n’importe quelle grille dans une autre tonalité. Et vous voyez que la nature des accords importe peu dans la recherche des correspondances par exemple, que ce soit E, E7, Em ou encore Em9, on ne s’occupe que de E, autrement dit de la fondamentale des accords. Tout cela pour arriver à cette évidence si une chanson peut être jouée sur une grille, elle pourra aussi être jouée sur la même grille transposée. Cela ne sonnera évidemment pas de la même façon, mais l’esprit de la chanson restera perceptible par l’auditeur. Le mieux, pour bien comprendre cela, c’est de prendre une chanson qui vous plaît et de la jouer dans plusieurs tonalités. Voici également ce que ça donne avec cet extrait de Greensleeves, au départ avec la grille en Am puis transposé de 2, 3 puis 4 tons vers les aigus… Vous remarquez bien que l’esprit de la chanson est conservé et qu’on la reconnaît sans problème. Exercice d’application C’est simple, nous vous proposons de transposer la grille de la forme “Am F C G” dans d’autres tonalités. Il vous suffit d’imprimer et de compléter le tableau ci-dessous pour le télécharger et l’imprimer, faites un clic-droit puis “Enregistrer l’image sous” La réponse Cliquez sur ce lien pour ouvrir la solution dans une autre page ne la regardez pas tout de suite !. Vous pourriez faire un tableau de ce genre pour toutes les suites d’accords que vous rencontrez, et vous gagneriez ainsi du temps. Si par exemple vous voyez une chansons basée sur “Am – F – C – G” et que ces accords ne vous inspirent pas du tout, ou bien ne correspondent pas à la tessiture de votre voix, vous savez que vous pouvez prendre n’importe quel autre enchaînement de ce tableau. Reprenons l’exemple ci-dessus, où vous avez transposé la suite d’accords Em C G D de 2,5 tons, ce qui la transforme en la suite Am F C G. Vous avez deux solutions pour jouer Am F C G soit vous jouez les accords Am F C G tels quels si vous les connaissez ou si vous n’avez pas la flemme de les apprendre !, soit vous conservez le doigté de la suite Em C G D, ce qui nécessite d’utiliser un capodastre. Comme la transpositions est de 2,5 tons, soit 5 cases, vous placerez le capodastre en case 5. Essayez sur votre guitare vous constaterez que la suite Em C G D jouée en case 5 sonne à peu près comme la suite Am F C G jouée en haut du manche. Normal, ce sont les mêmes accords Am F C G qui sont joués ! Pourquoi “à peu près” ? Parce que, même si ce sont dans les deux cas les accords Am F C G qui sont joués, leur forme n’est pas identique sur le manche. Une simple comparaison des diagrammes permettra de le vérifier… La suite d’accords Am F C G en haut du manche Et les mêmes accords joués avec le doigté de la suite Em C G D jouée avec un capodastre en case 5 Si les notes sont bien les mêmes, vous pouvez vérifier qu’elles ne sont pas réparties de la même façon sur les cordes, ce qui change légèrement la sonorité des accords. Pour ne prendre qu’un exemple, si pour l’accord G vous regardez la note située sur la corde de Mi aiguë, vous remarquez que ce n’est pas le même intervalle qui est joué pour G en haut du manche, c’est la fondamentale, pour G joué avec la forme de D en case 5, c’est la tierce majeure. Avouez que, sans les couleurs, ce serait moins facile à visualiser ! Changer le doigté des accords tout en conservant la tonalité via un capodastre Dans ce cas, le but n’est pas de changer de tonalité donc il n y a pas de transposition, mais d’utiliser des doigtés d’accords qui vous conviennent mieux. Comme ci-dessus en jouant la suite d’accords Am F C G avec le doigté de la suite Em C G D jouée avec un capodastre en case 5. On peut donc avec cette astuce jouer un accord X avec le doigté de l’accord Y. Vous pourrez ainsi conserver les accords “officiels” de la chanson, tout en les jouant avec les doigtés que vous connaissez ! Par exemple, vous jouerez “Fm, C, G, D” avec le doigté “Em C G D” qui vous convient mieux et vous évite des barrés. La seule question à vous poser, c’est “Où dois-je placer le capodastre ?”. Où placer le capodastre ? Exemple 1 La grille proposée commence par Cm et vous préfèreriez utiliser le doigté des accords de la grille commençant par Cm. Comme C est 1/2 ton plus élevé que C, et que 1/2 ton équivaut à une case, vous placez donc le capodastre en case 1 et vous jouez ainsi les doigtés de la grille “Cm”. Exemple 2 Si vous préférez les doigtés de la grille commençant par Am, il vous faut savoir combien de cases séparent C de A. Le tableau ci-dessus, ligne A, vous y aidera Cela fait 2 tons, soit 4 cases. Il faut donc mettre le capo en case 4 pour jouer “comme la suite d’accords commençant par Cm” mais avec les doigtés de celle qui commence par Am. Rappel quand vous faites cela, vous jouez le morceau exactement dans la même tonalité que dans la tablature proposée. Il n’y a que le doigté qui change. Ce n’est donc pas une transposition, puisque vous restez dans la même tonalité. A vous maintenant. Où devez-vous placer le capodastre pour jouer la suite Fm – C – G – D avec le doigté de la série Em – C – G – D ? Vous avez trouvé ? La réponse est “capodastre en case 1”, puisque F est 1/2 ton donc 1 case au-dessus de E et C” 1/2 ton au-dessus de C, etc.. Vérifiez sur le tableau des intervalles. Cet article est inspiré de ce cours qui vous apprendra tout sur l’accompagnement de chansons accords, mélodies, rythmiques, transposition… et même une initiation à l’improvisation ! Et si vous nous donniez VOTRE AVIS SUR CET ARTICLE ?En plus de nous faire très plaisir, vos retours nous aident beaucoup à améliorer le site Les commentaires sont faits pour ça... Merci !cliquez sur la flèche pour aller directement aux commentairesProfitez-en aussi pour nous direQUELS SUJETS VOUS AIMERIEZ QUE NOUS ABORDIONS DANS LES PROCHAINS ARTICLES.
comment jouer à à prendre ou à laisser